Samedi 4 Septembre 2021

Le Vieux-Salvan

Le Vieux-Salvan

C’est en 1921 à Salvan, village de montagne, que tout a commencé.

Au bal du 1er août, organisé pour la fête nationale, l’arrivée des musiques modernes sur lesquelles les jeunes se trémoussent, interpelle grandement les habitants. Inquiets de voir leurs danses et leurs habitudes se faire évincer par des airs de java, de charleston ou de fox-trot en vogue, quelques villageoises et villageois désabusés discutent. Finalement, ils décident de remettre en honneur les danses de Salvan d’antan délaissées depuis le début du siècle. L’idée est lancée et les couples fondateurs, de fervents passionnés, essaient de se souvenir des mélodies et des pas d’autrefois. De l’aide est demandée à un touriste violoniste de renom M. Albert Gos qui sait retranscrire sur papier les airs joués par M. Albert Bochatay. Petit à petit ils répertorient une liste de huit danses.

A la danse s’associent rapidement les costumes. Pour les dames il est plus simple de trouver des tenues vestimentaires de circonstances. Robes noires, chapeaux ronds et plats ornés d’un falbala, tabliers, foulards et bas blancs. Pour les hommes il n’en est pas de même. Les complets sont très usagés et dépareillés, parfois même empruntés pour équiper tous les danseurs. Il fallut quelques temps pour trouver l’authentique costume du vieux Salvanin : un chapeau arrondi à larges ailes, un veston à basque, un gilet de soie et un pantalon long. De couleur noire, cet ensemble se complète d’une chemise blanche.

Pérenniser l’art traditionnel de la vallée du Trient, ne pas oublier ses racines, une volonté déterminante et déterminée !

Portée par l’harmonie des sons, par les rythmes et les nuances des musiques, la danse est un art qui permet de transmettre des émotions et des sentiments. A travers les ères, elle véhicule avec respect les traditions tout en s’imprégnant des tendances contemporaines.

Une référence à laquelle le groupe folklorique le Vieux-Salvan s’identifie pleinement.

Au Fil des Décennies

Très rapidement après sa fondation en 1921, la réputation du Vieux-Salvan dépasse les frontières communales. Il reçoit déjà une invitation à participer à la journée officielle du comptoir suisse à Lausanne en 1923.

En 1934, il se déplace pour la première fois à l’étranger, plus précisément en France, à l’occasion de la fête de l’Alpe à Prarion sur St-Gervais.

En 1936, c’est Marseille et Toulon qui accueillent à leur tour le Vieux-Salvan pour les Fêtes du Rhône. Depuis, en Suisse comme en Europe, une liste incalculable de villages, de régions et de capitales ont vu danser et défiler les Salvanins. Imaginez en 100 ans combien de scènes ont été foulées, combien de pas répétés, et combien de liens créés !

Dès l’après-guerre, les costumes se modifient et évoluent. La plupart des hommes portent un pantalon ne descendant guère au-dessous du genou, avec un petit ruban rouge sur le côté. Ce pantalon est une importation due à des Salvanins engagés comme détartreurs en Auvergne et le chapeau haut-de-forme a supplanté l’ancienne coiffure. Les femmes portent des couleurs plus chatoyantes, les tissus se modernisent et les costumes s’harmonisent.

L’évolution des musiques comme celle des chorégraphies amène à s’orienter vers un style de danses plus élaboré. Le répertoire du groupe s’étoffe, passant à 80 danses de nos jours, dont plus d’une quinzaine ont été écrites par ses membres. Les autres appartiennent à la Fédération Valaisanne ou Nationale des Costumes.

Malgré la traversée de périodes très difficiles, le Vieux-Salvan ne connaît pas d’interruption d’activité. Les répétitions sont toujours maintenues et ceci grâce à quelques passionnés qui se mobilisent pour sa survie.

De tout temps, des membres du Vieux-Salvan se sont engagés au sein du comité cantonal valaisan. De la présidence au monitorat, en passant par l’orchestre, le Vieux-Salvan reste encore à ce jour représenté dans la commission cantonale de danses.

Le Vieux-Salvan est aussi membre du CIOFF et du CIOFF des jeunes (Conseil International des Organisations de Festivals de Folklore et d’Arts Traditionnels). Cet organisme international s’assure de la sauvegarde, de la mise en valeur et du développement du patrimoine culturel immatériel des sociétés membres en partenariat avec l’UNESCO.

Ses Buts

Société à but non licratif

  • Danser et faire danser
  • Promouvoir son art traditionnel et le pérenniser
  • Assurer la formation des couples moniteurs et sous moniteurs
  • Apprendre à danser aux nouveaux membres
  • Intégrer la jeunesse et l’inciter à se perfectionner
  • Transmettre la passion du folklore aux futures générations
  • Rester le gardien de la conservation de son patrimoine concernant les costumes locaux, les musiques populaires et les danses folkloriques
    S’assurer de leur rénovation, de leur étude et de leur développement
  • Organiser des événements ou spectacles ponctuels pour les besoins de la société
  • Veiller à l’équilibre des finances

Ses plaisirs

  • Partager la passion de la danse
  •  Donner du bonheur au public qui l’entoure et qui le soutient
  • Honorer les invitations des différents événements régionaux, en Suisse ou encore à l’étranger
  • Participer aux grandes rencontres folkloriques comme l’Européade ou autres festivals internationaux

Ses fiertés

1937  Membre fondateur de la Fédération Valaisanne des Costumes
1945  Organisation de la 4e fête cantonale des costumes
1957  Organisation de la fête cantonale des costumes
1966  Inauguration du premier drapeau
1968  Médaille d’Or gagnée au cours d’un défilé à Glis. Unique distinction jamais égalée
1971  Organisation de la fête cantonale des costumes
1978  Européade Vienne, première participation de la société. Neuf autres rencontres ont dès lors suivi
1981  60e anniversaire
1996  75e anniversaire, spectacle
2002  Organisation de la fête cantonale des costumes
2004  FIFO à Martigny, première participation à un festival CIOFF. Trois autres rencontres ont dès lors suivi
2011  90e anniversaire, spectacle
2014  Inauguration du nouveau drapeau

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